Notre échec lors du récent Final Four disputé en Hongrie ne doit pas assombrir notre fin de saison, avec un titre de championnes de Turquie à la clé. Hé ! Ce n’est pas rien…


 

Après un match, se pointe… un autre match. C’est le lot du sport de haut niveau. Une échéance en chasse une autre, perpétuellement. Une saison en regorge, qui laissera à son tour une actualité brûlante décider de notre sort.

 

Le récent Final Four qui s’est tenu à Sopron n’a pas répondu à nos attentes. Notre parcours en phase de poules (12 victoires, 2 défaites) avait consolidé notre capital confiance. Oui, on devinait que deux matches couperets étaient plus aléatoires, on savait que l’équipe hôte de Sopron serait transcendée – on s’était d’ailleurs préparées dans cette optique - mais on ne réalisait peut-être pas.

 

Le 20 avril dernier, dans une salle en furie, nous nous sommes coltinées une équipe hongroise qui avait le couteau entre les dents. Même si notre club disputait là son premier Final Four, nous n’étions pas des novices. Nous étions averties. Nous savions que « seul Sopron joue comme Sopron » comme le disait Zafer - notre coach -. A savoir un engagement permanent, une hargne des deux côtés du terrain, une volonté d’aller encore chercher de l’air après un dernier souffle. Oui, plus qu’une équipe, un collectif, une horde qui a sorti les crocs et les biceps ; qui a imposé son rythme, ses duels, sa cadence sur chacune des possessions. Nous n’avions pas les armes pour contrer une telle intensité. Elles nous ont asphyxiées du début à la fin, nous étions incapables de desserrer l’étreinte, cramant jusqu’à 17 ballons. Étouffées jusqu’aux lancers-francs, avec un pauvre 56% de réussite… Au final, trois petits points d’écart (68-65) mais, surtout, une leçon d’abnégation.

 

Une leçon de remise en question aussi. Les 38 victoires pour 42 matches joués cette saison – Euroligue et championnat confondus – nous avaient probablement voilé la réalité d’un match sec qui remet les compteurs à zéro ; avaient brouillé l’exigence à sortir une prestation comme si c’était la dernière. Peut-être nous sommes-nous vues trop belles, aveuglées par une assurance collective qui nous avait inconsciemment confortées dans l’idée que rien ne pouvait nous arriver. Notre parcours épatant constituait notre bouclier, mais tel le talon d’Achille, une faille imperceptible peut s’ouvrir dans une cuirasse.



Nous avions deux jours devant nous pour rectifier le tir. Le dimanche 22 avril, voilà que l’équipe de Koursk, alors tenante du titre, se présentait face à nous pour l’attribution de la troisième place. La troisième… En pareil cas, il faut savoir que les quatre équipes qualifiées n’ont que deux idées en tête : accéder à la finale, puis la remporter. C’est simple, c’est carré, c’est le but. Jouer pour finir sur la plus petite marche du podium n’est pas une fin en soi. Ni pour Koursk, ni pour nous. Seulement, notre motivation avait été impactée. Le match fut serré de bout en bout. Les Russes menaient de deux points à la mi-temps (46-44), puis de cinq au buzzer final (87-82). A ce niveau, chaque mauvaise passe est interceptée, chaque approximation, chaque oubli défensif est un coup porté au moral. Nous n’avons pas été au niveau requis.

 

Rebondir. Constater, se relever, réagir. Rebondir toujours. Deux jours après, nous reprenions notre destin en main en disposant en deux manches de Galatasaray en quart de finale du championnat. Une voie européenne s’était achevée dans une impasse, une route nationale se dégageait. J’en avais retenu une leçon majeure : jouer à l’énergie ne fait pas appel au talent mais à la volonté de chacun. C’est la volonté qui prépare le terrain, qui ouvre le champ des possibles. Et tout est possible à cette seule condition.

 

Sandrine

 

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