C’est le sommet de la saison européenne (20-22 avril). Et pour nous mettre dans l’ambiance torride qui nous attend en Hongrie, notre entraîneur a eu sa petite idée…



4 équipes, 2 jours, 1 titre. Presque un compte à rebours pour une rampe de lancement. Mais plutôt un atterrissage sur une nouvelle planète, l’une des plus enviées de l’univers du basket. Le Final Four clôt une saison. C’est la conquête de l’année, le Graal, le must. Quatre prétendants, un seul élu. Seul un cercle restreint de joueuses a eu l’opportunité d’y participer. C’est ainsi que je mesure mon privilège : j’en serai à ma onzième participation. La toute première pour mon club de Yakin Dogu dès sa première apparition dans cette compétition ! Et on ne peut dire que la chance s’en est mêlée : quatorze matches de poules, douze victoires !


Le 7 mars dernier, nous avons validé officiellement notre ticket en nous imposant contre le Bourges Basket. Ce qui nous laissait 6 semaines – et autant de matches comptant pour le championnat turc - pour nous préparer assidûment à notre premier adversaire, et hôte de l’épreuve, Sopron. Équipe hongroise qui s’annonce coriace : entraînée par Roberto Iniguez, elle compte sur une brochette de joueuses réputées, telles qu’ Yvonne Turner, Jelena Milovanovic, Danielle Page ou encore Aleksandra Crvendakic.

 

Sifflets et Cornes de Brumes

 

A vrai dire, le gros du travail a été accompli en 3 semaines. Nous avons combiné sans relâche des séances de musculation lourdes à des entraînements intenses contre des garçons. Nous passions quotidiennement entre 3 et 5 heures au gymnase ! Nous étions exténuées.  Et c’était sans compter les séances de vidéo…


C’est lors de la dernière semaine de préparation que nos entraîneurs nous avaient réservé une petite surprise : toutes nos séances, répétitions de gammes, combinaisons, systèmes de jeu, étaient accompagnés d’un bruyant fond sonore. Un enregistrement d’un match chaud où les fans de sopron hurlent du début à la fin, sifflent en imitant les coups de sifflets des arbitres et soufflent dans une corne de brume comme si c’était … Carnaval ! Cet environnement était éprouvant mais diablement efficace. Il nous plaçait dans les conditions réelles d’un match, élevant notre tension, notre stress ! S'entraîner dans pareille simulation est peu pratiqué dans le milieu du basket féminin. C’est pourtant un moyen cohérent de nous jeter dans le grand bain…


En 13 ans de carrière, c’était seulement la deuxième fois que j’étais confrontée à ce genre de situation. Avant Zafer Kalaycioglu, notre entraîneur au Yakin Dogu, c’est Olaf Lange qui m’avait initié à ce concept. C’était en 2013, l’année de sa prise de fonction à Ekaterinbourg, en Russie. Coïncidence ou pas, nous avions cette année-là soulevé le trophée de l’Euroleague…Maintenant que les dés sont jetés, je peux dire en vertu de mon expérience, que nous avons bénéficié d’une préparation aboutie. Et pas seulement en raison du fond sonore qui rythmait nos entraînements. Mais je nous vois bien frapper un grand coup…

 

Sandrine

 

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