Sept mois après avoir quitté le club de Fenerbahce – et un crochet par l’ASVEL à l’automne-, j’ai retrouvé Istanbul, mais côté Est, avec l’équipe de Yakin Dogu Universitesi. Même ville mais que de changements…




On a beau avoir bourlingué vers tous les bords de la planète, aux quatre coins des terrains de basket, c’est toujours une découverte.


Le 7 décembre dernier – mon chiffre fétiche -, j’atterrissais à l’aéroport Sabiha Gokcen d’Istanbul après deux mois de pige à l’ASVEL qui m’avaient remis le pied à l’étrier. Istanbul, cette mégapole frénétique et chamarrée, porte d’entrée entre deux continents, j’avais récemment eu l’occasion de la quadriller de part en part. Sa mosquée bleue, son mythique grand bazar, la tour de Galata et son pont encombré, son palais Topkapi, ses hammams, ses friandises… et ses bouchons ! Je ne parle pas ici des bouchées apéritives réunionnaises ressemblant à des dumplings fourrés à la viande de porc mais d’embouteillages. Le périphérique parisien est une départementale de Lozère en comparaison. Mais pour ce retour en terre stanbouliote, j’ai plutôt apprécié cette lenteur de déplacement…


Verdat et Derin, deux membres de l’équipe administrative du club, étaient venus m’accueillir. L’un d’eux me tendit une écharpe à l’effigie du club et captura la photo officielle marquant mon arrivée à Yakin Dogu.
 

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Assise à l’arrière de la berline blanche chargée de me conduire à mon domicile, mon regard pouvait s’attarder à loisir sur les panoramas familiers de la ville. Je reprenais peu à peu - et pare-chocs contre pare-chocs – possession des lieux, la circulation congestionnée ayant alors l’avantage de laisser promener mon regard sur la richesse déployée de cette architecture ottomane transpercée par une myriade de minarets. Oui, j’étais bel et bien dans la ville aux mille mosquées…


La voiture s’immobilisait, pour de bon cette fois. Je découvrais mon appartement, situé au 8ème étage d’un immeuble moderne et distant d’un petit kilomètre du complexe d’entrainement Pamukspor. Bagages déposés, je filais rejoindre ma nouvelle équipe dans laquelle évoluent trois anciennes partenaires : la Belge Ann Wauters (ex-Los Angeles Sparks), et les Américaines Jantel Lavender (ex-Fenerbahce)  et Quanitra Hollingsworth (ex-Ekaterinbourg). Je n’étais pas dépaysée. Nos retrouvailles facilitaient mon intégration express et, telles des guides touristiques, mes nouvelles coéquipières me débroussaillaient le terrain, la compréhension de l’organigramme du club, l’assimilation des systèmes de jeu et le fonctionnement de l’équipe au quotidien.


Où mettais-je donc les pieds ? Yakin Dogu Universitesi est un club d’origine chypriote, évoluant en première division turque (KBSL). Basé à Istanbul, sur la rive asiatique du Bosphore, ce club a connu des débuts fulgurants : pour sa première saison, en 2015-2016, le club se qualifiait pour l’Eurocoupe; quant à la suivante, ce fut tout simplement une razzia : championnat, Coupe et Eurocoupe ! Un grand chelem ! Et cette saison 2017-2018 a plutôt bien débuté puisqu’après avoir remporté la Coupe du président, nous sommes premières du championnat turc et de notre groupe en Euroligue !

 

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Mille et une envies !


À peine arrivée, à peine repartie. Deux jours plus tard, nous prenions place dans un vol de la Turkish Airlines en direction d’Izmir. Un voyage aérien d’une heure. C’est une fois dans l’avion que j’ai pu constater que nous étions plutôt bien entourées : dix joueuses et… douze accompagnants ! En somme, le staff était plus consistant que l’effectif du club : Zafer l’entraîneur, Emre et Ferhat les assistants, Enis le préparateur physique, Berivan la kinésithérapeute, Bourak le masseur, Mürat le général manager, Verdat et Derin, ses deux assistants, Erhan le représentant chypriote, l’organisateur des voyages et le bras droit du président. Bref, pas de quoi se sentir seule.


Le lendemain, après avoir réalisé 40 minutes d’allers-retours, nous avons étrillé l’équipe locale de 56 points (score final, genre 94-38). Et pour mon baptême du feu, j’étais plutôt dans le bon tempo (21points, 11rebonds en 27 minutes).


Yakin Dogu est de loin le club européen le plus professionnel que j’ai pu côtoyer en 13 ans de carrière. Je me trouve en fait à la frontière entre une approche américaine - perfectionnement de l’individu, positivité absolue, intensité et exigence dans la production - et un esprit collectif européen - partage du ballon, exploitation du jeu de façon logique et intelligente. Dès lors, je m’y sens comme un coq en pâte. A l’image des contes persans des Mille et Une Nuits, j’ai le sentiment que l’avenir nous promet Mille et Une Consécrations…


En attendant, j’aurai grand plaisir à vous retrouver à Brest pour France-Finlande, cette fois sous le maillot bleu, jour de la Saint-Valentin. A nos amours !

 

Sandrine

 

 

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