MISSION: POSSIBLE !

Mieux que Tom Cruise et son pool d’agents secrets, me voilà embarquée avec une équipe de France new look pour un objectif à enjeu national, l’Euro 2019. Ma onzième campagne internationale !


Je n’y avais jamais prêté attention, même si mes va-et-vient s’y comptent par dizaines. J’y entrais tête baissée comme tout le monde, un peu à la bourre comme tout le monde, les yeux à la recherche du panneau d’affichage des départs, pour Valenciennes surtout, pour ailleurs parfois. La gare du Nord a pourtant de quoi faire lever les yeux. Sa façade rénovée, ses pavillons art-déco, ses statues, sa verrière… Oui, quand on a un train à prendre, on scrute le tableau des départs comme une feuille de stats, sans avoir le temps d’apprécier l’immuable qui traverse les époques…

Le 6 novembre dernier, à 11 heures, je pénétrais dans le hall, sacs sur les épaules. La fourmilière fourmillait dans ce qui est la gare la plus dense du monde – hors Japon. Le train est à l’heure, direction Lille-Europe, pour ensuite rejoindre Villeneuve-d’Ascq, commune retenue par la fédération pour notre premier regroupement hivernal.

Pour être honnête, j’avais hâte d’y être. Mon absence au championnat d’Europe 2017, en juin dernier en République Tchèque, m’a permis de revenir au sein du groupe avec un tout autre regard sur le basket et sur la vie en général. L’effervescence de mon mariage, suivie de mon aventure autour des fabuleux résultats de l’équipe des Sparks de Los Angeles,- 26 victoires pour 8 défaites et une nouvelle finale WNBA disputée - m’ont inculqué un enseignement précieux...Devenir maîtresse de sa propre vie en ayant comme cible sa liberté personnelle. Au-delà de ma fraîcheur d’esprit et de l’envie d’en découdre (on ne se refait pas…), la posture passive que j’occupais sur le banc des Sparks a précipité ce constat : repousser ses limites intellectuelles en cherchant à comprendre l’humain et son environnement pour augmenter le champ des possibles et faire de sa vie son aire de jeu !

A l’hôtel Park Inn, le groupe que j’ai retrouvé, après 15 mois d’absence, est jeune et je ne croyais pas si bien dire ! Les filles avaient de l’allant, du mordant, de l’envie et moi...les crocs!  J’étais ni plus ni moins la doyenne et la seule rescapée de l’ère Jardel. En 2006, j’avais eu le privilège de participer au championnat du monde au Brésil, sous la houlette du coach lotois. Mes premiers pas sur la scène internationale m’avaient porté vers une 5ème place. Un résultat inédit: meilleur classement jamais réalisé par l’équipe de France. 11ans déjà !

Et la douzième saison pointe son nez. Six matchs sont à gagner pour se qualifier pour le championnat d’Europe 2019, en juin prochain, qui se tiendra simultanément en Serbie et en Lettonie. En dix jours de stage à Lille, nous avons réalisé douze entrainements et défié deux nations européennes. Le jour de l’Armistice, nous avions pris les armes pour nous imposer 103 à 44 contre la Finlande ! Et quatre jours plus tard, au Palacium de Villeneuve-d’Ascq, nous disposions de la Roumanie 87 à 45. Au moins n’avions-nous pas fait les choses à moitié…

Ces – larges - victoires m’ont apporté une belle satisfaction car j’ai pu endosser un rôle de leader de vestiaire, en verbalisant des messages-clés, - pièges à éviter, motivations, responsabilisation etc. Une nouveauté pour moi, je le reconnais. Jusqu’alors, j’étais inhibée par la peur du jugement des autres. Il faut croire que l’âge, l’expérience, apportent une maturité, une confiance en soi. Doyenne, ça me va bien au fond !
La constance collective des efforts déployés lors de ces deux rencontres vont nous faciliter la vie. En plus du capital-confiance inhérent à toute notion de performance, nous allons nous constituer une âme de guerrières…

Les années, les équipes, les compétitions défilent, mais les objectifs demeurent.
Notre mission: affirmer les couleurs de notre pays sur tous les terrains de jeu du monde. Et c’est à la Saint-Valentin, le 14 février prochain, que nous afficherons notre amour du maillot en recevant la Finlande à Brest. D’ici là, je vous souhaite un joyeux Noël plein de rires et d’émotions !


Sandrine

 

 

 

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